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Friday, October 7, 2016

Les rues

Les rues s'allongent,
et moi je baille, je baille,
Les rues s'allongent,
et moi je raille, je raille.

Les feux qui bougent,
et moi je nage, nage.
Il y'a du mouvement,
et moi je reste las.

Je vois mon reflet,
il me fixe par la vitre, immobile,
les silhouettes passent sur moi.

Il y a ce dos qui s'éloigne et qui me laisse derrière,
ce va et viens qui reste,
et cette détresse dans le regard.

ça tourne dans ma tête,
vertige et sirènes d'urgence.
Leurs destinations si vaines,
ce qu'ils ne savent pas c'est que j'y suis déjà allé. 

Saturday, September 3, 2016

J'achète

ça me reprends, je mise aux enchères sur ebay, des pompes, vêtements et autres accessoires inutiles. J'ai assez de vêtements pour plusieurs vies mais j'en ai toujours un besoin, comme si ça allait me changer.

Je mise sur les objets qui m'inspirent d'être un autre, mon coeur bat à toute vitesse quand l'enchère se termine, les secondes avancent et j'imagine d'autres personnes augmenter l'enchère. C'est peut être le plus haut niveau d'excitation que j'ai attend depuis des lustres. Puis je remporte le match, et l'adrénaline me laisse vide d'un achat insensé, d'une fièvre passée que je ne comprends pas. ça fait 6 mois que je n'avais plus rien acheté, veillé quotidiennement les nouveaux objets sur ebay, et là je suis retombé.

Le stress et l'anxiété, pet-être, ou simplement l'ennui.

Tuesday, August 16, 2016

la soif

Une homme est enchainé dans le désert.
il a soif et près de lui repose un oasis, si proche. les chaine sont trop courtes et il ne peut se retirer du piège. il voit l eau et la torture est immense d'observer ce que ses lèvres ne peuvent atteindre.
Au loin, une silhouette apparait, féline. il distingue les pâtes avançant tranquillement d'un animal famélique. Son cerveau reçoit l'information, un lion. L'animal avance sereinement, déjà mort, l'espoir n'existe pas dans son univers, uniquement la survie. L'homme panique a la vue du lion et s'agite, crie, essaye de l'effrayer avant que le contact ne se fasse plus douloureux que celui de la soif.

Le lion arrive a quelques pas de l'homme, leurs regards se croisent, complices dans la détresse d'un abandon commun.
Les cris, la chaine comme arme pour repousser la bête, l'homme s'agite. Le lion l'observe avec calme, il ne connait pas cet être qui semble apeuré. Assis, il attend que le spectacle pathétique se termine, que l'homme cesse de s'agiter.
Il se remet en mouvement, s'avance vers le mâle qui ne le dominera jamais. Il lui passe devant, observe la tête baissée de l'homme résolu.

Le regard fixé sur le sable, l'homme accepte de n'être qu'un grain de plus, bientôt de moins. Puis un son, celui de l'eau qui clapote. Il relève la tête et aperçoit la bête, couchée sur le cote de l'oasis, en train de boire. Plus que la soif, c'est désormais l'injustice qui perce l'homme.

"Achève moi lâche !" hurle t'il au lion

"Ignoble monstre, rend moi la liberté !"

Le lion se retourne et observe cette étrange chose si bruyante puis revient a la source.
Repus, il se relève et tourne une dernière fois sa crinière vers la curieuse créature immobile.

Enfin, il reprend la route, vers le désert et la chaleur.



Friday, July 22, 2016

Les poumons et le coeur


J’ai commencé cette cigarette, celle qui t’arrache les poumons et le coeur avec, celle que tu commences et sur laquelle tu tires comme si la balle était dans le canon, au bout du tunnel.

Mais t’as pas le cran, tu peux juste allumer la flamme, c’est un début.

Alors, pour toutes les autres cigarettes, la première bouffée de fumée siffle et fait venir la noirceur de ton âme.

Commencer à fumer en allant mal, vouloir mourir doucement, accélérer le processus.
Prendre le contrôle, un peu. 

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J'ai toujours trouvé ça con de fumer pour les autres, adolescent, pour être cool, alors j’ai décidé de commencer à fumer au pire moment de ma vie, quand ça allait mal, très mal. 
Idées noires et fumée grise, goût de tabac et tête qui tourne, visions obscure.

Tout ressentir.



Il faut tout ressentir, ne rien prendre pour atténuer la douleur, le mal.

Il existe des drogues, des médicaments, l’alcool ou autre. Mais si je veux l’exprimer, il faut d’abord le vivre en entier.
Ne pas mettre de filtre entre moi et les mots, ne pas atténuer l’intensité des émotions, ne pas me préserver.


All-In.

Tuesday, November 3, 2015

La panthère Noire

C’est le problème, quand ça va mal, tu peut être sur de sentir que la bête rode. Il y a une odeur remarquable, une présence certaine du monstre. Elle est là, pas de doute, le noir monte.

Une clope peut faire cet effet, souffler toute la noirceur que tu possède et la contenir dans ta gorge, dans tes poumons pour la souffler sur ta propre face dans la forme d’un fauve.

Le mieux c’est d’essayer d’embrasser ce mal, de respirer cette fumée. Cours vers la bête et ne cours pas comme un con pour tenter de fuir, elle te rattrapera pour sûr. N’essaye pas de l’éviter à tout prix, à coup de joint, de pilules et d’alcool pour essayer de la contenir, crois moi, ce sera pire, ça va lui donner faim. Alors encaisse, accepte qu’elle te bouffe un peu, qu’elle morde dans ta chair et te laisse quelques cicatrices, c’est à celles-ci qu’elle reconnaîtra que tu sais encaisser. Gagne son respect en prenant sur toi pour souffrir de la façon la plus normale, pleinement, face à la bête, dos au mur.

Y a pas d'échappatoire à la douleur, juste du temps gagné à coup de pilules, des petites minutes où l’on grappille sur le vide, on s’engage plus profond dans la grotte sans savoir qu’il n’y a pas d’issue. La bête noire, elle, avance doucement, pleine, d’émotions et d'obscurité, mais pleine. Je préfère ce plein de noirceur qu’un immense vide de rien.

Alors tu fais comment ? Pour le moment tu sondes le vide, la taille du monstre, regarde sa profondeur, jusqu’où tu peux te laisser bouffer et explorer les limites de son appétit pour ton noir épais.

ça va vraiment mal, mais je commence à gérer et à la connaître cette noirceur, à vivre avec et à ne pas essayer de la dompter comme une bête sauvage, dressée pour divertir les autres, spectacle quotidien. Non, juste marcher avec, l’observer et la décrire. Noter précisément son comportement, sa manière de se déplacer, son regard qui me transperce le bide. Je l’ai crée alors autant la connaître. Je suis immobile, je prends des notes et j’observe comment la bête se déplace, son comportement. Je la laisse à l’état brut, sauvage. Cette noirceur brille dans son élément, en moi, ne la caresse pas, ce n’est pas ton clebs c’est un animal dangereux et sublime, il vivra longtemps à condition de ne pas le tuer.

C’est ce que certains cherchent à faire, mettre fin au règne animal pour prendre le contrôle sur cette nature sauvage et obscure. Tuer le règne de l’animal. Ils consultent, prennent tous les jours la pilule qui va euthanasie gentiment ce beau monstre. Et alors ils deviennent des petites bêtes innocentes et insouciantes, sachant que le loup ne rode plus, l’esprit en paix à paître tranquille.


Ils ne savent pas ce qu’ils brisent, cet équilibre naturel. La jungle sublime qui rayonne à l’intérieur, un équilibre précaire, un chaos magnifique. La loi de la jungle, leur jungle.

C’est tout une chaîne qu’ils mettent en péril, car sans danger, ils viennent de se mettre en cage, à l'abri dans un zoo. Ils refusent la vie sauvage, leur état naturel, pour se rassurer dans un environnement qui n’est pas le leur, à l’abri de la bête ou complètement débarrassé de tout danger.


Mais moi je préfère vivre sans barbelé pour protéger mon troupeau, être au grand air et savoir consciemment que la bête rôde, sentir sa présence et lui faire savoir que je n’ai pas peur, que je la connaît. Elle se nourrit de ma peur et de mes angoisses, elle est cette angoisse. Alors je la regarde dans les yeux, je partage un même territoire et parfois je la laisse rentrer dans ma zone.

Mais comme c’est bon de savoir que je vis avec ce monstre, que je n’ai pas peur de lui mais s’il me rend misérable. Je suis entier. elle n’a pas eu ma peau.

Sunday, October 18, 2015

Les poumons et le coeur

J’ai commencé cette cigarette, celle qui t’arrache les poumons et le coeur avec, celle que tu commences et sur laquelle tu tires comme si la balle était dans le canon, au bout du tunnel. Mais t’as pas le cran, tu peux juste allumer la flamme, c’est un début.


Alors, pour toutes les autres cigarettes, la première bouffée de fumée siffle et fait venir la noirceur de ton âme.

Commencer à fumer en allant mal, vouloir mourir doucement, accélérer le processus. Prendre le contrôle, un peu. Toujours trouvé ça con de fumer pour les autres, alors j’ai décidé de fumer au pire moment de ma vie, quand ça allait mal, très mal. Idées noires et fumée grise, goût de tabac et tête qui tourne, visions obscure.